Sajama

Publié le par Claude FAGES

Coucher de soleil sur le volcan Sajama

Les paysages bordant la route qui mène de Patacamaya à Sajama sont étranges, à la fois côté far-West avec des falaises rouges artistiquement érodées et plateau andin avec, ici et là, des lagunes où pataugent des flamands roses, des canards et autres grands oiseaux blancs et noirs. Les marécages les cernant sont habités par une foule de lamas ou alpagas de toutes les couleurs du crème au noir. Dans ces lagunes se reflètent non seulement le plus haut volcan enneigé de Bolivie le Sajama, 6542 m, mais aussi ses voisins jumeaux chiliens tous à plus de 6500m.

Sur le bord de la route de nombreuses tours en adobe, des « Chullpa » témoignent de rites funéraires pratiqués par les « Aymara ». Ils abritaient les restes momifiés des membres de leur société dans ces tours en forme de ruche d’une hauteur avoisinant les 2 mètres avec une ouverture orientée vers l’est. Certaines sont décorées comme de véritables œuvres d’art. Comme les Incas, les défunts étaient placés en position fœtale accompagnés de divers biens. Certaines communautés ouvraient rituellement les Chullpas les jours de fêtes pour faire des offrandes à leurs ancêtres momifiés. Bien évidemment les plus riches seulement pouvaient se permettre ce rituel. Elles ont été pillées et aujourd’hui ne restent que de rares monuments.

On atteint le petit village de Sajama après 14km à pied sur un chemin sableux. A 4200m, l’air y est rare et pur, il y fait froid. La neige sur les sommets, pure blancheur, tranche dans un ciel azur sans nuage. Les 80 habitants se sont recyclés en hébergeurs pour touristes, ils ont créé 2 hôtels et une dizaine d’hébergements familiaux et il en pousse toujours. 

Sur les pentes de ce volcan pousse la plus haute forêt du monde. Ses petits arbres, les Quenuas sont de la famille des rosacés, une espèce endémique. Ils sont beaux avec leurs petites feuilles vert luisant et leur tronc rouge qui pèle. Ici cette forêt pousse jusqu’à plus de 5200 m. De belles mousses vertes « yareta » font de douillets coussins qui amortissent les pas sur un sol caillouteux. 

Un raidillon jusqu’à 4550m accède à un mirador, lieu cérémonial d’où la vue sur les volcans est impressionnante. Entre les sommets s’étend un large plateau où paissent de nombreux lamas et alpagas. 

Une autre longue promenade traverse un étonnant champ de geysers et conduit à un col ou s’étale une lagune à 4850m. L’air passant sur les neiges du volcan y est si froid et si venté qu’il est impossible d’y demeurer plus de 10 mn. Les attraits de cette randonnée de plus de 8h sont d’une part la rencontre avec deux harems de vigognes, élégants animaux élancés, dont la laine malheureusement fait l’objet de braconnage et les vigognes, pourtant protégées, se font rares ; d’autre part un bain dans les eaux chaudes sauvages du ruisseau s’écoulant au-dessous des geysers est d’un bienfait pour le corps et pour l’esprit inestimable dans une nature non polluée et non exploitée.

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