Copacabana (Le vendredi saint)

Publié le par Claude FAGES

Plage de Copacabana

De nombreux pèlerins gravissent la pente fort raide qui mène au Sanctuaire del Calvario s’inclinant devant les 14 stations de chemin de croix pour faire pénitence. Certaines pratiques comme déposer des cailloux sur les calvaires et passer courbé sous quelques grosses pierres en équilibre ont pour effets d’effacer les péchés.

D’autres coutumes consistent à acheter des miniatures comme des voitures, maisons, mobiliers, billets, symbolisant des biens matériels dans l’espoir que la Vierge leur accordera leur équivalent grandeur nature dans l’année. Le vendeur remet à l’acheteur un reçu qui est censé donner crédibilité et réalisation de la transaction. Qu’en est-il fait de ce billet, est-il remis à la Vierge ou gardé par l’acheteur dans l’espoir de la réalisation. Dans les murets, de nombreuses niches sont alimentées en bougies que les pèlerins allument et offrent pour demander santé couleur blanche, amour couleur rouge, jaune argent, vert travail.

Au sommet de ce Cerro, l’heureux acheteur d’un terrain pour construction va faire bénir son achat par l’achat ici d’une minuscule parcelle de terre de quelques décimètres carrés qu’il délimitera par des plantes et ornera de fleurs, ensuite il allumera des pétards et accessoirement l’arrosera de bière ou autre boisson.

Des chamans proposent des rites religieux de croyance inca et aymara. Encens brûlé sur un petit autel, imposition des mains, et balayage du corps avec des herbes, d’autres utilisent la bière, finissant par un arrosage général de la Pachamama et des alentours avec ce breuvage.

Devant la cathédrale, le prête béni un après l’autre tout pèlerin souhaitant être en paix avec la Vierge Noire qui trône sur l’autel mais qui ne doit en aucun cas être déplacée au risque de provoquer un débordement dévastateur des eaux du Lac Titicaca.

En Bolivie, la pratique de sacrifices d’animaux, poulets, lamas blancs a encore cours pour s’assurer la bonne réussite personnelle et pour faire pousser les récoltes.

Les Boliviens sont venus de partout pour profiter des congés de la semaine sainte. La plage, sur 2km, est envahie de tentes et d’objets familiaux nécessaires aux vacanciers pour ces 2 ou 3 jours : glacières, parasols, matelas, bouteilles de gaz, casseroles, marmites, linge séchant sur le peu d’espace resté vacant, chiens, cerfs-volants, feu de bois, grills, etc. Les familles s’installent dans une promiscuité indescriptible. Nous avons traversé ces installations lors d’une promenade au bord du lac pour y découvrir cette ambiance festive, familiale, amicale et de congés. Plusieurs de ces familles louent et vendent des tours sur le lac à bord d’embarcations de loisirs amusantes et rigolotes. Ici et là la musique bolivienne diffusée bruyamment percute l’oreille et nous transporte dans l’ambiance joyeuse et dansante sud-américaine.

La messe de 19h suivie d’une procession très simple est l’occasion pour de nombreux croyants de témoigner leur ferveur à la Vierge, au Christ. Des pèlerins font le trajet, sur plusieurs dizaines de kilomètres voire 158 pour ceux venant de La Paz, à pied pour faire pénitence, quelques-uns terminent leur peine expiatoire sur les genoux devant la cathédrale.

Rangés des deux côtés du chemin de la plage sur 2 kms de nombreux propriétaires de véhicules attendent la venue du prêtre qui va bénir leur moyen de locomotion. Ces véhicules : motos, scooters, voitures, camion, bus sont décorés pour la grande occasion. Le prêtre bénit la possession sur tous ses côtés, le moteur et l’intérieur, il termine en bénissant la famille. Il reçoit au passage quelques subsides. Il faut voir avec quelle bousculade ce pauvre prêtre avec son seau d’eau bénite à la main est tiré par le bras vers les uns et les autres qui ont sans doute peur d’être oubliés. Des « prêtresses laïques, indiennes » nous ne savons comment il faut les nommer, passent à leur tour et officient avec le feu, l’encens et le tintement d’une clochette autour de la voiture, ensuite promènent les petits papiers pliés sur le corps du fidèle qui reste pétri de ferveur. Après le passage des officiants, les véhicules sont arrosés de bière, de vin ou bien de pétales de fleurs. Un « Notre Père » ou un « Je vous salue Marie » vaut ici bien mieux que l’assurance du vehicule.

Copacabana (Le vendredi saint)
Copacabana (Le vendredi saint)
Copacabana (Le vendredi saint)
Copacabana (Le vendredi saint)
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